Il me reste peut-être un ou deux jours à vivre,
J'étais si heureux au temps où j'étais libre
Dans ma tête de chien, y a tant de souvenir.
Personne n'est venu... Je sais, je vais mourir.
Pourtant je vous aimais... j'étais bien près de vous.
Les enfants m'aimaient, moi aussi, je l'avoue.
Je cherchais toujours à vous faire plaisir.
Attentif comme un chien à vos moindres désirs.
Je vous aimais depuis presqu'une vie entière...
Six ans, je m'en souviens, c'était merveilleux.
Vous m'avez pourtant balancé à travers la portière.
Et je n'ai pas compris..., c'était peut-être un jeu...
Vous avez disparu au loin sur l'autoroute.
Je suis resté seul, désespéré et l'esprit en déroute...
J'ai fini au refuge où j'attends chaque jour
qu'on vienne me chercher pour tout recommencer.
Je ne vous en veux pas, j'ai pour vous tant d'amour.
Qu'on serait bien chez nous comme par le passé.
Je voudrais tant revoir mes petits compagnons;
Annie qui m'emmenait si souvent en balade,
François dont j'étais le meilleur camarade,
J'aimais tant les jeux qu'ensemble nous faisions
La nuit tout doucement a envahi ma cage.
C'est vrai, je vous aimais et je vous aime encore.
Je ne dormirai pas et j'attendrai l'aurore.
En guettant tristement à travers le grillage...
Et puis quoi qu'il arrive, n'ayez pas de remords.
Au bout de mon amour, je vous offre ma mort...
Vous pouvez à loisir vous dorer sur les plages.
J'entends venir quelqu'un, Il vient ouvrir ma cage...
Bien que je sente mes forces me quitter
Je pardonne à mes maîtres toutes leurs fautes
Qu'ils sachent que jamais je ne les oublierai
Que ce soit dans ce monde ou dans un autre